Orange

Présentation du système.

C’est avec idClic qu’Orange a fait de sa prévision une réalité. IdClic c’est le nom du système de management des idées d’Orange France depuis 2007 aux 3 trophées de l’innovation décernés en externe. Mais sur quoi repose son succès ? Comment cet ingénieux système fonctionne-t-il ?

Comment ça marche ?

 

Il repose sur un concept simple, résumé par Xavier Dagras, le directeur performance Orange France :  » tout le monde a des idées et l’intelligence est partout ! « .

Les 79 000 employés de la direction des opérations France ont la possibilité de se connecter très simplement sur la plateforme idClic.

La seule contrainte est de s’y connecter avec une idée ! « Une idée, un clic ».

En effet un clic est tout ce qu’il faut à n’importe quel salarié pour valider un formulaire simple : il renseigne son adresse e-mail, celle des coauteurs de l’idée et décrit en quelques mots la situation existante, la solution proposée et les bénéfices attendus.

Ça y est l’idée est dans la boîte et va pouvoir suivre un parcours qui va lui permettre de se réaliser :

– Elle est aiguillée vers un expert par un correspondant en innovation

– Si l’expert est convaincu par l’idée il va s’engager auprès de l’auteur et l’aider à réaliser son projet

– L’intérêt économique de l’idée est ensuite confirmé

– Puis l’idée est mise en pilote et généralisée à toute la France

Idéalement il faut compter 15 jours pour une réponse de principe et 3 mois pour appliquer une idée fructueuse. Ces délais dépendent évidemment de la complexité de l’idée.

Quel que soit le niveau hiérarchique de la personne qui a proposé son idée, elle reste en position de leader tout au long du parcours de l’innovation : chaque salarié peut ainsi tenir dans ses mains une partie du destin de l’entreprise.

Quelques chiffres et exemples concrets.

Les chiffres parlent d’eux mêmes, en 4 ans idClic c’est 103 000 idées déposées, 28 000 collaborateurs, 5000 experts impliqués dans la démarche et 8000 idées mises en œuvre.

La participation repose sur la base du volontariat et n’oblige en rien les employés. Cependant, cela permet aux employés d’avoir une emprise (aussi modeste soit l’idée) sur le bon fonctionnement de l’entreprise.

Citons l’exemple de deux idées qui ont aboutis et qui montrent la diversité des propositions faites par les salaries :

– Un salarié, affecté à la pose d’antennes de téléphone mobile a proposé une technique d’implantation des pylônes, sans fondation, qu’il a observé dans les stades de Foot hollandais. Le principe est simple, alors qu’auparavant on devait couler une dalle de béton pour y installer l’antenne, il suffit maintenant de planter dans le sol une sorte de très gros clou en acier, de quelques mètres de long, qui sert de tuteur. Cette simple idée rapporte plus de 20 000 euros par antenne sans compter l’intérêt écologique !

– Un autre exemple, plus connu, est l’ingénieux concert d’easy-pairing qui équipe les Livebox d’Orange. Elle permet, avec un simple bouton disposé sur la Box, d’y associer un périphérique dans demande de l’SSID ni de la clé de cryptage. Ce concept simple est né dans l’esprit d’un salarié d’Orange qui constatait le nombre important d’appels concernant les problèmes d’association. Il a facilité sa vie et celle de nombreux utilisateurs !

Quid de la propriété intellectuelle et de l’exploitation des salariés ?

Une question peut cependant se poser légitimement et elle concerne la propriété intellectuelle. Orange, pas le biais de ce système, ne fait-il pas de « l’exploitation salariale » ?

Il faut préciser que lorsqu’un utilisateur entre sur idClic, il accepte le cadre juridique de l’innovation participative : seules les inventions brevetables donnent lieu légalement – d’après le code de la propriété intellectuelle- à une rémunération : pas les innovations.
Or, quelques exceptions mises à part, il s’agit bien d’innovation !

Mais ce n’est pas l’appât du gain qui motive les salariés. La principale source de gratification provient de la reconnaissance des collaborateurs, chaque salarié dispose d’un moyen d’expression qui peut remonter au plus haut : 2 fois par an, une manifestation baptisée le « marché des idées » permets aux 30 meilleurs porteur de projet de présenter leur trouvaille au comité de direction ! De plus, en fonction du travail effectué et de l’implication dans l’idée, les employés reçoivent des points grâce auxquels ils peuvent, à terme obtenir des cadeaux. Enfin, tous les 6 mois, quelques employés qui ont proposé une idée particulièrement efficace gagnent un voyage dans un des OrangeLab (Jordanie, Egypte, Pologne, Etats-Unis. Ainsi, en mai, 7 lauréats ont passé une semaine à San Francisco tous frais payés avec de nombreuses activités.

 

Orange a pris le risque d’instaurer un tel système, sachant le possible bouleversement de la ligne managériale qu’il peut causer, parce que la firme a la même conviction que Philippe Msika (directeur R&D du laboratoire Expanscience) : « une entreprise est globalement innovante ou ne l’est pas. »